Écriture, tournage, montage de documentaires 13/12/2010

Formation à la réalisation de documentaires au Pakistan

La chaîne généraliste pakistanaise HUM TV a fait appel à CFI pour aider ses équipes de journalistes à mieux maîtriser les règles de l’écriture, du tournage et du montage de documentaires de format court.

Trois ateliers se sont tenus à Karachi entre le 16 octobre et le 5 novembre 2010, animés par Auberi Edler, auteur-réalisateur et Marc Delassaussé, monteur. Au final, les journalistes ont réalisé 3 documentaires de grande qualité : "Adhay Adhoory", "The Last Dancer" et "Janu".

Trois questions à Auberi Edler - 

1. Dans quel contexte s’est déroulée cette mission au Pakistan ?
 La situation actuelle au Pakistan est difficile. Dès mon arrivée, et pendant une semaine entière, Karachi a été la proie d’attaques imprévisibles et anarchiques, faisant 150 morts dans la ville en 7 jours. Pour tous mes déplacements, j’étais accompagnée d’un policier armé dans mon véhicule. On m’a conseillé de ne pas dépasser un rayon de 4 kilomètres autour des locaux de la télévision et d’éviter les déplacements de nuit. Malgré cela, tous les participants à cette formation ont fait preuve d’une grande assiduité et d’une rare ponctualité.

2. Comment les sujets des documentaires ont-ils été choisis ?
 J’ai laissé aux participants le choix de leurs thèmes et de la composition de leurs équipes. Dans un pays où la liberté d’expression est maniée avec une extrême précaution, la plupart ont eu à cœur de choisir des thèmes sujets à controverse : la place des eunuques dans la société, la mort de la danse classique réprimée par les mollahs et les nationalistes hostiles à l’héritage « indien » par exemple. Puis nous avons passé une semaine sur l’écriture - la rédaction des synopsis, les différents plans - avant de commencer le tournage.

3. Comment s’est organisé le tournage à Karachi ?
 Avant d’enseigner les règles du documentaire, je suis d’abord revenue avec les stagiaires sur les fondamentaux d’un tournage télévisé. Puis j’ai partagé le groupe en 3 équipes homogènes. J’ai participé au tournage dans les limites imposées par les règles de sécurité édictées par le consulat de Karachi. Nous avons « dérushé » dès la fin de la première semaine, en session collégiale, de manière à améliorer les tournages du lendemain. Dès le milieu de la deuxième semaine, nous avons travaillé ensemble à la mise en montage, au « dérushage » scrupuleux des images et à l’établissement de la structure des différents films. Malgré les difficultés à ingérer en si peu de temps des données multiples, tous les participants de cette formation ont montré une extraordinaire envie d’apprendre et de s’améliorer.
Je pense que nous avons réalisé nos objectifs, mais il reste encore beaucoup à faire.

The Last Dancer

Janu