Organismes de formation 07/10/2009

Mobiliser les partenaires locaux : les clés d’une coopération pérenne en RDC

Les équipes de CFI encouragent systématiquement la coopération Sud-Sud, un élément essentiel dans la pérennisation des acquis du projet.

Impliquer des experts locaux
Pour établir une passerelle permanente entre CFI, les bénéficiaires du projet, les structures et les acteurs locaux existants, la direction Afrique de CFI a décidé de faire intervenir des experts locaux qui sont impliqués dans la conception du projet de bout en bout :
- l’ANEAP (Association Nationale des Entreprises Audiovisuelles Privées) et l’UCOFEM (Union congolaise des femmes des médias) qui participent au recrutement des journalistes bénéficiaires de la formation.
- les meilleurs professionnels de l’ANEAP et de l’IFASIC, Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication, pour le rappel des fondamentaux du journalisme, ainsi que les techniciens de l’ICA, l’Institut Congolais de l’Audiovisuel, (JRI et monteurs) feront partie de l’équipe des intervenants et des experts recrutés.

Une dynamique de formation de formateurs
Impliquer et mobiliser des experts locaux, associés à toutes les étapes du projet, leur permet de récupérer un curriculum de formations, réutilisable à l’avenir pour favoriser l’expertise Sud-Sud.

La parole aux partenaires locaux : Herman Mushagasha directeur de l’ICA et Dorothée Swedi, présidente de l’UCOFEM
Trois questions à Herman Mushagasha, directeur de l’ICA, Institut Congolais de l’Audiovisuel.

Quel est le rôle de l’ICA dans les 3 ateliers de formation sur le reportage économique ?
 Quatre experts de l’ICA (2 cadreurs et 2 monteurs) participent à ces ateliers et sont formés par les experts CFI tout au long des 3 ateliers. D’autre part, l’ICA accueille dans ses locaux cette formation capitale au journalisme économique. Ainsi, l’ensemble du parc technique dont dispose le centre (caméras, studios, bancs de montages) est mis à disposition des journalistes pour les accompagner sur chacune de leur production.

Quels résultats attendez-vous pour votre équipe ?
 Le travail de réflexion mené avec les journalistes lors de chaque conférence de rédaction ne peut qu’améliorer la qualité des reportages qui seront filmés. Chacun a trop tendance à travailler individuellement, sans véritable concertation, ni suivi, et le reportage au final est très plat. Cette formation originale et pratique arrive à point nommé pour l’ICA. Elle permet d’acquérir de vrais réflexes professionnels pour les futures générations alors que la formation académique est encore embryonnaire dans notre pays.

Quels sont les futurs projets de l’ICA ?
 Toujours dans une optique de synergie, nous souhaiterions en 2010 favoriser les rapprochements entre les différents centres de formations de nos pays voisins, et réitérer une formation destinée aux réalisateurs qui est très attendue.

Trois questions à Dorothée Swedi, présidente de l’UCOFEM depuis 3 ans et ancienne journaliste à NumericaTV.

À l’instar de CFI, vous avez un projet subventionné dans le programme « Média et démocratie en RDC ». De quoi s’agit-il exactement ?
 Nous avons initié en 2004 un projet qui vise à apporter l’information aux femmes sur leur lieu de travail. Grâce à ce programme, nous pouvons continuer à développer nos activités de sensibilisation de la femme sur la bonne gouvernance pour la consolidation de la paix via l’élaboration, la production et la diffusion d’émissions radiophoniques notamment sur les radios sans fréquence des marchés.

L’UCOFEM est aussi partenaire de la formation « du reportage économique à l’enquête d’investigation » organisée par CFI. Que pensez-vous de cette initiative ?
 Nous sommes ravis de collaborer avec CFI sur ces ateliers de formation, et nous espérons sincèrement pourvoir continuer notre collaboration dans le futur ! Ces ateliers très originaux aideront certainement les rédactions des TV a construire leur propre identité. L’actualité économique est bien présente sur les écrans congolais, mais malheureusement limitée à des sujets factuels. Par manque de moyens, les journalistes congolais sont limités dans l’exercice de leur métier.

Quelle est aujourd’hui la place de la femme dans les médias congolais ?
 L’UCOFEM lutte contre toute forme de discrimination à l’égard des femmes par les médias et dans les médias. Nous intervenons sur des volets de formation et de production de contenus que ce soit en presse écrite, TV et radio. Les femmes sont représentées dans les organes de presse congolais, mais elles occupent peu de postes à responsabilité : trois femmes sur dix sont secrétaires de rédaction et seule une femme sur dix est directrice de l’information ! Dans le cadre de la formation menée par CFI, notre partenariat a permis un équilibre presque parfait au sein de l’équipe de journalistes : sur les 13 journalistes bénéficiaires, 6 sont des femmes.

TV associée(s) : Radio Télé Nationale Congolaise – RTNC