Télévision & changement climatique : le point de vue de Sidiki N’Fa Konaté, président du RAPAF
Les 4 et 5 septembre 2009, l’UNESCO a organisé une conférence sur le thème "Radio-Télévision et changement climatique : une mission de service public".
Près d’une centaine de professionnels des médias, comme Deutsche Welle, BBC, France Télévisions, l’UER ou la COPEAM, ont débattu pendant 2 jours sur le rôle des médias face à ce défi écologique.
Était aussi présent, Monsieur Sidiki N’Fa Konaté, directeur général de la télévision nationale du Mali (ORTM) et président du Réseau de l’Audiovisuel Public d’Afrique Francophone (RAPAF). Très actif durant les débats menés à l’Unesco, notamment sur la session "ce que les radio-télédiffuseurs font et peuvent faire", il propose quelques pistes de réflexion à engager auprès des télévisions d’Afrique francophone.
En participant à cette conférence, quelles sont vos attentes, vous qui avez à la fois le rôle de directeur général de l’ORTM et de président du RAPAF ?
Il faut d’abord reconnaître la place des médias dans le rôle de sensibilisation des populations sur le réchauffement climatique et les autres problèmes environnementaux. Ensuite, il faut tenir compte des réalités locales. Que signifie pour le paysan de chez moi, le réchauffement de la planète ou le trou dans la couche d’ozone ? Les populations doivent s’approprier ces problématiques. Et enfin, la télévision doit parler de tout cela dans des termes journalistiques accessibles au public, dans les langues concernées et avec une analyse axée sur leur réalité. Il est important que les radiodiffuseurs jouent leur rôle de sentinelle.
Avez-vous un exemple d’émission produite sur le thème dans les télévisions membres du RAPAF ?
À l’ORTM, par exemple, nous avons une émission diffusée chaque vendredi d’une durée de 90 minutes intitulée « pwi kom pwi » qui s’adresse au monde rural. Au programme : des débats avec des spécialistes, de l’information sur les engrais à utiliser et des reportages sur des initiatives prises à l’échelon local.
Comment CFI pourrait-il appuyer les télévisions africaines dans ce domaine ?
Au niveau du RAPAF, après cette conférence, j’envisage d’organiser un atelier qui réunira des spécialistes autour des questions environnementales avec des journalistes de chaque télévision. C’est la priorité des priorités de former des journalistes qui devront ensuite parler de cette thématique en toute connaissance de cause.
Une action doit également être menée au niveau de la production. CFI pourrait soutenir la réalisation de sujets relatifs à des initiatives locales qui ont réussi, en organisant une mutualisation des moyens des télévisions membres du RAPAF. Ensuite ces sujets seraient proposés au réseau de télévisions partenaires africaines de CFI. Voilà deux actions qui pourraient être menées rapidement.
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