« Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs,
Retenu à New York pour le sommet mondial des Nations Unies, je ne peux être présent parmi vous aujourd’hui. Je le regrette sincèrement. Je tiens cependant à vous adresser quelques mots. Je me réjouis de cette initiative qui nous réunit, les occasions d’échanger et de travailler sur l’Afrique ne sont pas si nombreuses, celles qui se consacrent à ses médias sont encore plus rares. L’enjeu à la fois politique, culturel et économique est pourtant considérable. J’y porte personnellement beaucoup d’intérêt et d’attention. Les médias constituent, en effet, une composante majeure de la vie démocratique. Comment ne pas reconnaître qu’ils sont au cœur de la modernisation du monde, qu’ils sont un puissant outil d’échange, de partage et d’ouverture, qu’ils sont un vecteur vital des langues, des identités, des idées et des valeurs qui portent celles-ci, qui sont, enfin, devenus les acteurs centraux de la culture et moteurs du développement de l’industrie culturelle !
Dans ce contexte, l’importance de la télévision est évidente. Or le quotidien des télévisions africaines, plus que jamais, est extrêmement difficile. Ecrasées par le flux d’images venues du Nord, handicapées par un environnement économique peu propice à un développement rentable, confrontées à une pénurie de ressources humaines convenablement formées, elles peinent à offrir à leurs téléspectateurs le reflet de leurs sociétés qu’ils sont en droit d’attendre. Si, bien entendu, les pays africains doivent faire de sérieux efforts pour renouveler leur politique audiovisuelle, la coopération internationale ne doit pas les abandonner et ne doit pas accepter, dans une indifférence généralisée, de voir disparaître des vecteurs de modernité, de diversité et de démocratie indispensables aux populations. Aussi, je souhaite encourager les équipes de CFI à poursuivre leurs missions. Je sais que CFI, fidèle à sa nouvelle orientation qu’avait défini Serge Adda poursuit plus que jamais l’unique objectif : au-delà des mots, favoriser concrètement sur les écrans du monde la diversité culturelle. Cette idée qui est, aussi, au cœur de la pensée et de l’action de la francophonie, cette philosophie qui nous réunit.
Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. »