Soukaina el Mahfoud : les moments que j'ai passés durant le stage étaient mémorables

2 juin 2020

Soukaina el Mahfoud, étudiante à l'ISIC, au Maroc, a bénéficié d'une bourse MediaLab Campus pour effectuer un stage à 1538 Méditerranée à Marseille, en mars et avril 2020, en pleine épidémie de Covid-19. Elle raconte son expérience.

"Étudiante issue de la classe moyenne, je n'avais jamais pensé faire un stage à l'étranger sans bourse, parce que ça coûte cher et mes parents ne peuvent pas le payer. CFI, en collaboration avec Campus France, m'a donné cette opportunité de faire un stage dans un média étranger, de voyager vers un pays que je visite pour la première fois, de voir comment les journalistes travaillent et comment ils traitent l'information, de me découvrir moi-même, de développer mes compétences et de travailler sur mes faiblesses.

Je suis arrivée en France le 1er mars, j'étais sensée commencer le stage le 2 mars mais le maître de stage – Madame Coline Charbonnier – m'a dit que je pouvais commencer le 3 mars après m'être reposée et informée sur les moyens de transport. Quelle gentillesse ! Lors de notre première rencontre, elle m'a invitée au café pour me souhaiter la bienvenue. Puis, nous avons fait un tour dans les bureaux, cela m'a permis de vite m'intégrer et m'adapter. Le reste de l'équipe 1538 Méditerranée était en mission pour couvrir ce qui se passait dans les différents pays de la Méditerranée : Syrie, Grèce, Algérie, France, Liban…
J'ai été accueillie avec beaucoup de gentillesse et de chaleur par l'ensemble des journalistes. Je me considère comme chanceuse d'avoir l'occasion d'agir et de mettre en pratique ma formation dans un tel média.

Dès les premiers jours, Madame Charbonnier et moi avons fixé un planning de travail, par exemple : Lundi 9 mars 15 heures : enregistrement à radio Grenouille ; mardi 10 mars 13h-15h : atelier médias au profit des étudiant(e)s du Lycée Blaise Pascal sur les sources d'information… Nous discutions des potentiels sujets à traiter sur le thème des migrations à Marseille avec un reportage écrit et une partie vidéo.
Du 30 mars au 5 avril, il y avait le festival Aflam, j'avais des interviews à préparer et à caler avec des réalisateurs ou réalisatrices, mais avec la pandémie Covid-19, toutes nos activités ont été annulées.Être confinée, dans un pays étranger, était vraiment difficile à accepter.

En effet, le 17 mars 2020, soit 16 jours après mon arrivée, la France a décrété le confinement de la population pour contrôler la propagation du virus. Je ne sais pas comment vous décrire ce que j'ai ressenti. Être confinée, toute seule, loin de mes proches, dans un pays étranger, était vraiment difficile à accepter.

Cependant, j'ai continué à rédiger des papiers et des articles de chez moi sur le Coronavirus dans mon pays d'origine, le Maroc. Mon expérience en télétravail s'est bien passée grâce aux soutien, motivation et aide de Madame Charbonnier avec qui je faisais des points régulièrement par email et WhatsApp. J'ai rédigé un article sur le Coronavirus au Maroc.
Il fallait aussi que je fasse des entretiens et des interviews par le réseau social WhatsApp, que je collecte des témoignages, que je demande à mes contacts de prendre des photos des villes désertes à cause des mesures strictes de confinement mises en place par les autorités marocaines… C'était challenging !

Tous les moments que j'ai passés durant le stage étaient mémorables. Chaque jour était unique, riche d'informations et de nouvelles pratiques acquises. Le jour où mon premier article a été publié sur le site web du média 1538 Méditerranée était très spécial, c'était pour moi un vrai motif de fierté. Je l'ai partagé avec ma famille et mes amis, ils étaient tous fiers de moi. La période du confinement était la plus difficile dans la mesure où je sentais que je n'avais pas fait toutes les choses que j'avais planifiées, comme la réalisation des reportages vidéo. Cette expérience a été celle des premières fois.

Ce stage a été mon premier stage à l'étranger car l'opportunité ne s'était jamais présentée auparavant. Je ne voulais pas rater cette chance de vivre cette expérience professionnelle et humaine unique en son genre. Cette expérience a été celle des premières fois : visa, sortie du Maroc, vivre seule, média étranger. C'est une opportunité servie dans un plat en or qui permet à un(e) journaliste de mettre en exergue ses compétences dans un média étranger, d'envisager des nouveaux défis, de sortir de sa zone de confort et de repousser ses limites"