Comment favoriser un accès égal aux droits entre femmes et hommes au Maroc ?

Comment favoriser un accès égal aux droits entre femmes et hommes au Maroc ?

8 novembre 2019

Afin d'orienter les activités de terrain d'AIC (Association d'Initiatives Citoyennes), FMAS (Forum des Alternatives) a mandaté le cabinet Regiminis pour établir un diagnostic des entraves à un égal accès aux droits dans la région de Marrakech-Safi.

Le diagnostic, rendu le 16 octobre dernier, se base sur un travail de terrain comptant huit focus groupes avec des représentants de la société civile et des acteurs œuvrant pour l'égalité entre les sexes. Ces focus-groupes ont été organisés dans huit provinces ou préfectures du territoire régional, pour dégager les spécificités de chaque zone, avant l'organisation d'un atelier genre en février 2020.

199 personnes ont été interviewées (hommes, femmes, femmes leaders, élus et cadres). Dans toutes les catégories, l'évolution des mentalités constitue la piste principale vers plus d'égalité. Les témoignages recueillis montrent la place cruciale des stéréotypes dans la situation actuelle des femmes dans la région. Le maintien de certaines normes véhicule ces clichés qui, eux-mêmes, limitent les réformes.

Ces stéréotypes sont transmis par la famille, les médias mais aussi l'école. Ils ont d'autant plus d'impact qu'ils sont portés par des acteurs censés protéger les individus et les droits humains, comme les magistrats ou la police. Or, ce sont justement des corps de métiers peu féminisés.

Des recommandations pour réduire les entraves

Les résultats de cette étude permettent de formuler plusieurs recommandations et mesures pour réduire les entraves à un égal accès aux droits, au niveau régional :
- mettre en place une stratégie d'insertion en faveur des femmes les plus exposées au chômage ;
- développer des infrastructures et services dans les zones rurales enclavées, où les femmes sont privées d'un ensemble de droits ;
- apporter un appui financier, technique et scientifique à des structures économiques, féminines et solidaires, particulièrement en milieu rural ;
- créer un réseau associatif féminin s'intéressant particulièrement aux questions d'égalité ;
- créer 8 à 10 centres d'écoute et de prise en charge de femmes victimes de violences, avec des services essentiels ;
- lancer un partenariat avec des facultés de droit et de lettres, avec l'ouverture de masters et le soutien à des projets de recherche dans le domaine des droits humains et du genre ;
- organiser des journées de sensibilisation dans les lieux publics (écoles, universités, places publiques, souks hebdomadaires) pour contribuer à faire évoluer les mentalités.