Les civic tech en Afrique : quelques initiatives

12 décembre 2018

Bénin – Kenya – Sénégal – Tunisie

Ushahidi

Créée en décembre 2007, la plateforme en ligne Ushahidi (témoignage en swahili) constitue à l'origine un outil destiné à signaler les rues à éviter lors des émeutes post-électorales au Kenya. Les utilisateurs peuvent alors alerter sur les incidents dont ils sont témoins par l'envoi d'un SMS. Les données récoltées sont affichées sur une carte interactive. Depuis sa création, la plateforme a été utilisée plus de 125 000 fois dans plus de 160 pays (y compris lors de la campagne Obama en 2012).
Ushahidi a surtout été utilisée dans des zones de crise majeures : tremblement de terre en Haïti, violences en République démocratique du Congo, élections au Burundi, tsunami au Japon, guerre en Syrie.

Stacy Gitau
Diplômée de la Strathmore University de Nairobi et passionnée de technologies pour le développement, Stacy Gitau est chargée de l'innovation pour Ushahidi. Son parcours professionnel inclut un passage chez iLabAfrica où elle a géré différents projets technologiques. Elle milite pour la formation des jeunes à une utilisation efficiente des technologies (mobiles notamment) et s'engage pour la formation et le renforcement des capacités des femmes dans le secteur des technologies.

PesaCheck

Première initiative de fact-checking et de décodage des informations du budget de l'État en Afrique, PesaCheck effectue un suivi des promesses des personnalités politiques au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Le projet joue le rôle d'intermédiaire entre les experts capables de décomposer et d'analyser des chiffres et autres données complexes, d'une part, et les médias qui sont en contact direct avec le public, d'autre part.

Éric Mugendi
Passionné de technologies et d'écriture, Éric Mugendi fait de la vérification des données sur les finances publiques son cheval de bataille. Rédacteur en chef de PesaCheck, il est en première ligne dans la lutte contre la désinformation au Kenya et sur le reste du continent. Il défend l'idée selon laquelle les citoyens ne devraient pas se contenter uniquement de l'analyse faite par les médias quand il s'agit de compréhension des données publiques.

Al Bawsala

Al Bawsala scrute les travaux des institutions publiques législatives et exécutives au niveau national et local en Tunisie. Les actions de l'organisation placent les citoyens au cœur de l'action politique en les informant sur la gestion des budgets publics et l'activité des élus. Annuaire des élus, suivi de leurs activités et de leur présence au sein de l'Assemblée figurent parmi les actions menées par l'organisation.

Selim Kharrat
Après avoir travaillé comme consultant en gestion pour diverses organisations dans le domaine de la solidarité internationale et des droits de l'homme, Selim Kharrat est rentré en Tunisie après la révolution de 2011. Co-fondateur d' Al Bawsala, qu'il a dirigé pendant deux ans, il est activement engagé dans diverses initiatives menées par Amnesty International et blogue activement sur la situation politique et sociale en Tunisie.

Winou Etrottoir

À l'origine, Winou Etrottoir (Où est le trottoir ?) est un mouvement civique lancé sur les réseaux sociaux pour dénoncer l'incivisme, l'absentéisme des pouvoirs publics ou encore l'occupation illégale de l'espace public à travers des constructions anarchiques empiétant sur le domaine public. Le mouvement s'est transformé en groupe de pression sur les autorités locales avant de se constituer en association en 2016. À l'occasion des municipales de 2018, des membres du groupe se sont également présentés sous différentes étiquettes aux élections.

Rafik Al Falah
Engagé dans la lutte contre la corruption en Tunisie, Rafik Al Falah est ingénieur de formation, membre fondateur et secrétaire général de l'association Winou Etrottoir. Convaincu que démocratie et civisme sont intimement liés, il milite pour la protection de l'espace public contre ce qu'il qualifie d'agressions de la part des commerçants qui occupent illégalement trottoirs et autres lieux réservés aux piétons, et ce, au mépris de la loi.

Association Tunisienne des Contrôleurs Publics (ATCP)

Depuis sa création en 2011, l' ATCP accorde une grande importance à la lutte contre la corruption et le détournement de fonds publics. Elle est à l'origine de la première plateforme nationale de données officielles sur les projets publics (cabrane.com). Le site web et l'application permettent d'obtenir des données officielles sur les chantiers publics, classés par catégories. Les données sont collectées auprès des ministères, gouvernorats et autres collectivités territoriales. Les internautes ont ainsi accès à des informations sur les coûts des projets, l'avancée des travaux, le contractant ou les délais.

Charfeddine Yakoubi
Membre du bureau exécutif de l'Association Tunisienne des Contrôleurs Publics ( ATCP) et chef de projet de la plateforme Cabrane, Charfeddine Yakoubi a choisi d'oeuvrer pour plus de transparence directe des administrations tunisiennes. Pour lui, la transparence dans la gestion de la chose publique permet de créer un climat de confiance entre autorités publiques et administrés.

Barr al Aman

Barr al Aman est un jeu de mots en arabe car lu rapidement, il devient « barlamane » (parlement). L'ambition de l'association est de contribuer à l'amélioration des politiques publiques par le biais des médias. Parmi les activités de l'association, une émission radio hebdomadaire diffusée sur les ondes de la radio nationale tunisienne. Le programme présente de manière concrète et proche de la réalité des citoyens les enjeux liés à la décentralisation, aux élections locales, mais aussi les procédures administratives, les fonctionnements et dysfonctionnements des institutions de l'État.

Khansa Ben Tarjem
Co-fondatrice en 2013 de Barr al Aman, Khansa Ben Tarjem est une journaliste et chercheuse tunisienne. Elle couvre l'actualité politique et sociale de la Tunisie et travaille en particulier sur les questions de sécurité. Elle a travaillé comme journaliste freelance pour Le Monde Afrique, Inkyfada et Reuters TV.

Les cahiers de Ganiath

Le blog Les cahiers de Ganiath s'attèle à dénicher et à offrir de la visibilité aux porteurs d'initiatives innovantes dans le secteur du numérique, de la culture et de l'entrepreneuriat. Armée de son smartphone, l'auteure du blog braque les projecteurs sur de jeunes Béninois qui incarnent la volonté de forger leur propre destin. Ces derniers partagent des détails sur leurs activités, leurs motivations et leurs recettes pour contourner les difficultés auxquelles les entrepreneurs font généralement face dans le contexte béninois.

Ganiath Bello
Journaliste passionnée d'écriture et de littérature, Ganiath Bello travaille actuellement pour la webTV de l'Université d'Abomey-Calavi. C'est en 2014 qu'elle décide de créer son blog et d'y publier du contenu sur les droits des enfants, la promotion de la femme et la culture. Partant du constat que les médias traditionnels ne se passionnent que pour les sujets politiques, elle se fixe pour objectif de donner la parole à des citoyens ordinaires qui travaillent avec des moyens limités, pour améliorer leur quotidien et influencer positivement la communauté.

VOA Citoyennes

L'association Voix et Actions Citoyennes ( VOA Citoyennes) vise le renforcement, grâce au numérique, de la participation des jeunes pour l'amélioration de la gouvernance locale et publique. Pour atteindre ces objectifs, la jeune association organise des sessions de formation sur les questions de citoyenneté numérique. Elle mène également des actions de plaidoyer et de promotion d'actions menées par les jeunes impliqués dans le contrôle de l'action publique.

Antoine Osé Coliko
Juriste spécialisé sur les questions de violences faites aux femmes et aux filles, Antoine Osé Coliko travaille avec différentes associations. Engagé dans des actions de formation des jeunes à une citoyenneté active et responsable, il accorde une importance particulière aux notions de civisme dans la construction d'une société harmonieuse. Il rêve de voir émerger au Bénin et sur tout le continent une génération de citoyens conscients de leurs droits mais également de leurs devoirs.

Transparencevote 229

Lancée en juillet 2017, par une équipe d'alumni YALI (Young African Leaders Initiative) du Bénin, l'initiative #transparence229 vise à améliorer la contribution des jeunes à la transparence et à l'intégrité des processus électoraux. Parmi les actions menées : la production d'un rapport d'évaluation sur les systèmes destinés à garantir la transparence et l'intégrité des processus électoraux depuis l'avènement du code électoral de 2013. Le projet a également formé 90 jeunes Béninois sur les principes de transparence et d'intégrité des processus électoraux.

Franz Okey
Actif dans la société civile, notamment sur les questions de gouvernance, de participation citoyenne et de démocratie, Franz Okey est ingénieur en management de projets. Boursier du programme Young African Leaders Initiative (YALI) initié par l'ancien Président américain Barack Obama, il fédère d'autres bénéficiaires de ce programme autour de divers projets en lien avec la transparence et la redevabilité des dirigeants, en s'appuyant notamment sur les technologies de l'information et de la communication (TIC).

Save Dakar

À travers des reportages photo et des publications sur les réseaux sociaux, Save Dakar alerte l'opinion publique sur les dégâts causés par le laxisme et l'absence de civisme des Dakarois. Ce collectif sensibilise à l'importance du respect du patrimoine et des biens publics. Mode opératoire de ce projet participatif : photographier les cas d'incivilité (insalubrité, occupation illégale des rues, violation du code de la route par les automobilistes) et créer le débat autour des cas signalés. Certaines publications font régulièrement réagir les autorités qui se sont empressées de résoudre les problèmes signalés.

Mandione Laye Kébé
Photographe et infographiste natif de Dakar, Mandione Laye Kébé mobilise autour du civisme, du respect du bien commun et de l'environnement. Avec le projet Save Dakar, il fédère les contributions et les discussions de milliers de ses concitoyens sur les réseaux sociaux autour de la responsabilité individuelle dans la protection de l'environnement et de la sauvegarde du patrimoine. Au-delà de ses activités en ligne, Mandione est également à l'origine d'opérations de nettoyage de plages, d'écoles et de rues dans les quartiers populaires de la capitale sénégalaise.

Rufisque Tech Hub

Tiers-lieu installé à Rufisque, à 25 km à l'est de Dakar, le Rufisque Tech Hub entend donner un coup de fouet à la démocratie locale grâce aux liens que permettent de tisser le web et les réseaux sociaux. Pour atteindre ses objectifs, l'association s'active à promouvoir l'appropriation d'internet et des nouveaux outils de communication. Parmi ses activités : conférences, initiations à l'utilisation d'internet et des réseaux sociaux ou encore retransmission en direct des conseils municipaux du département.

Alexandre Guibert Lette
Journaliste, blogueur et cyberactiviste, Alexandre Guibert Lette est cofondateur du Rufisque Tech Hub. Il milite pour une plus grande implication des jeunes dans la vie politique. Il est convaincu que l'utilisation d'internet et de ses fonctions communautaires permet de nourrir le dialogue entre citoyens, mais aussi entre les citoyens et les décideurs politiques.

Elle citoyenne

Blog personnel à l'origine, Elle citoyenne s'est transformé en plateforme de partage d'informations et d'expériences citoyennes essentiellement par et pour les femmes. Une quarantaine de contributrices et contributeurs bénévoles tentent de valoriser l'action de citoyennes et citoyens qui agissent pour le bien de leur communauté. La plateforme se fait également le relais des propositions des citoyens face aux problèmes sociaux et politiques observés dans les pays africains.

Anne-Marie Befoune
Traductrice de formation et engagée sur les questions de participation citoyenne, Anne-Marie Befoune a trouvé dans l'internet un moyen simple pour faire entendre la voix des citoyens et organiser la prise en compte de leurs contributions dans les processus de décision. Pour elle, une société idéale est celle dans laquelle chaque citoyen serait conscient non seulement de ses droits, mais également de ses devoirs. Cela se traduirait par l'implication personnelle de chacun dans la conduite du changement, sans forcément attendre que les réformes soient l'œuvre des dirigeants.

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