Les civic tech en Afrique : Tunisie

11 décembre 2018

Cette fiche propose une présentation synthétique de la civic tech au Tunisie.

Connectivité
La pénétration d'internet en Tunisie est estimée à 55,5% en 2017, selon l' UIT. En matière de vitesse de la connexion sur réseau mobile, la Tunisie arrive à la 65ème place, avec une vitesse de connexion moyenne de 6,17 Mbps. Parmi les pays de l'étude, la Tunisie est le pays qui a le plus important pourcentage d'individus connectés.

Politique nationale
Il n'existe pas de cadre législatif spécifique aux projets civic tech en Tunisie. Toutefois, l'Assemblée des représentants du peuple a voté en avril 2018 le Startup Act dont le contenu a été élaboré en collaboration avec la société civile, les bailleurs de fonds, les incubateurs et l'administration. Ce texte définit les avantages financiers dont bénéficient les startups, et il peut être exploité au bénéfice d'initiatives civic tech qui voudraient se constituer en startup en Tunisie.

Liberté d'expression
La Tunisie est l'un des rares pays du continent africain où une loi sur la protection des lanceurs d'alerte a été adoptée par le Parlement. Malgré un taux de pénétration de l'internet élevé, le pays n'obtient qu'un score faible (38/100) en ce qui concerne la liberté en ligne. Selon Freedom House, la Tunisie est un pays dans lequel le respect des libertés est effectif avec un score de 70/100.

Histoire et développement des civic tech en Tunisie
En Tunisie, c'est la chute de la dictature Ben Ali qui a donné le coup d'envoi des premiers projets civic tech dans le pays. Depuis la révolution de 2011, ces initiatives se sont multipliées pour accompagner la mise en place d'institutions démocratiques. Elles sont souvent soutenues par des bailleurs internationaux présents en nombre et à la recherche de projets à financer.
Dans ce contexte, quelques projets phares ont émergé, comme ceux portés par l'association Al Bawsala qui suit et partage en temps réel l'activité du Parlement et des parlementaires à travers l'initiative Marsad. Aujourd'hui, ce sont des pans entiers de l'activité politique qui sont scrutés par ces observateurs venus de la société civile et partagés avec le public.

Une citoyenneté numérique encore en devenir
Malgré les progrès démocratiques, transparence et bonne gouvernance doivent encore se consolider en Tunisie. Pour y parvenir, « les citoyens devraient prendre conscience de leur rôle et s'impliquer à tous les niveaux de prise de décisions », note Selim Kharrat, directeur exécutif d'Al Bawsala qui se dit partagé entre frustration et envie d'agir. Le défi pour les initiatives qui ont atteint le stade de la maturité consiste aujourd'hui à s'inscrire dans la durée (en consolidant leur modèle économique) et dans l'efficacité mesurable (en élaborant des dispositifs citoyens d'évaluation des politiques publiques).

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